Description
A l'aube des années 80, aucune entrave à l'audace de ces jeunes architectes et commanditaires qui saisissent cette exceptionnelle opportunité de construire cette villa-belvédère au flanc du Fort du Mûrier à Gières qui verrouille la vallée du Grésivaudan.
La villa lui emprunte sa matérialité, son ancrage et sa compacité furtive qu'elle exprime par les outils architecturaux développés dans le sillage de Le Corbusier.
Là où le Fort retourne comme un gant l'alignement des façades de ses casemates en une rue utilitaire encastrée, la villa, sous le ruban de la haute poutre-acrotère du toit-terrasse, déploie, par redents irréguliers, l'alternance de ses parois pleines et vitrées toute hauteur.
Elle exalte la minéralité de sa périphérie de terrasses gravillonnées, d'une brique nuancée appareillée horizontalement en pans ourlés et d'un béton aux épidermes multiples tantôt lisse, tantôt brut de décoffrage, parfois avec cannelures mais toujours d'expression verticale et favorise sa vocation résidentielle par les nombreux et généreux pans vitrés de son rez-de-jardin de 222 m2 intégralement de plain-pied.
A cette projection dans le paysage proche et lointain répond une fluidité intérieure autorisée par la prédilection des échappées visuelles obliques et un certain dépouillement général.
Au final, sans en imposer mais avec fermeté, sans mimétisme au fort, par son inaltérable minimalisme, la villa-belvédère semble surgie hier autant que depuis des temps immémoriaux.
Une chambre d'écho aux bruissements des éléments, du végétal et de la montagne.
Comme le fort organise sa vie défensive en fonction de sa rue en boomerang, la villa répartit son programme de part et d'autre d'une rue intérieure dotée de la même orientation nord-ouest/sud-est salutaire eu égard au réchauffement climatique.
Au nord, l'espace nuit de hauteur conventionnelle comprend 4 chambres, 3 salles d'eau nimbées d'une subtile lumière zénithale et 2 wc. Toutes les chambres s'exonèrent d'une vue frontale sur le fort au profit d'orientations est et ouest plus agréables. La suite parentale outre le privilège de ses 27 m2 et sa baie cadrant les trois pics de Freydone, dispose d'un accès doublé par le salon surélevé. Arrêtons-nous sur cette pièce singulière qui jouit d'un rapport visuel immédiat avec le miroir d'eau sur lequel flotte la chaine de Belledonne...salon tour-à-tour empli de la rumeur ludique de la piscine et assurément contemplative la nuit ou aux aurores, sa triple ouverture et son surplomb du hall l'apparentent au campement à la " croisée des chemins " ce dont atteste la ligne fuyant et sinueuse des ganivelles de châtaigner du chemin de ronde.
Au sud de la rue intérieure, avec laquelle ils partagent une hauteur sous plafond avoisinant les 3 mètres, se déploient les lieux de rassemblement ou de concentration que sont le séjour, la cuisine, la salle-à-manger et le bureau.
Le séjour en contrebas de la rue intérieure s'organise autour du bloc massif intégrant le foyer-insert et son alter-ego le barbecue de la terrasse couverte des repas de mi-saison et d'été. Son plafond de panneaux de chêne massif confère à la pièce une couleur acoustique propice aux confidences.
On peut qualifier la cuisine d'agora familiale tant son organisation centripète permet de s'y tenir bien au-delà de sa fonction première de préparation des repas. Sa table tout en transparence dissout la frontière entre cuisine et terrasse tandis que ses ouvertures cardinales en diagonale permettent un contrôle visuel de toute la propriété : l'arrivée des visiteurs, le chevreuil du chemin de ronde, le gazouillis des oiseaux proches. Et que dire de son mobilier minimaliste et inaltérable aux couleurs hédoniques qui répond à sa mission depuis un demi-siècle avec la même justesse ?
Le niveau bas -d'égale surface- est purement fonctionnel. Au nord-ouest et de plain-pied avec l'accès à la propriété, le vaste garage est accessible par 3 portes sectionnelles et donne accès à un studio. Du fait de l'encastrement dans la déclivité du terrain et donc totalement enterrés, vous trouvez les espaces techniques tels que -principalement- la filtration de la piscine à débordement, la chaufferie et sa chaudière Weishaupt, la conserverie-cave à vins, la buanderie, l'atelier. Les vides sanitaires hauteur d'homme et partiellement soustrait à la roche réservent des opportunités d'aménagement.
La villa s'implante au sud de l'équerre formé par le chemin de ronde et en lisière du hameau -solitaire mais solidaire- dont elle se protège par un écran végétal et une certaine déclivité.
Prolongement naturel du demi-kilomètre que constitue le tour de la propriété, un escalier extérieur donne accès au toit-terrasse qui offre une vue panoramique à 360 degrés sur le Vercors, Grenoble, la dent de Crolles, le Grésivaudan, le Mont-blanc par beau temps et la chaine de...