Après une période tumultueuse pour le marché immobilier français, marquée par une baisse significative des transactions et des prix depuis 2022, les signaux de reprise se multiplient en 2024. Des indicateurs tels que la baisse des taux d'intérêt, l'augmentation du pouvoir d'achat immobilier et la stabilisation de l'offre de biens à vendre laissent entrevoir une amélioration pour l'année à venir. Cependant, cette reprise reste fragile et dépendra de plusieurs facteurs clés.
L'année 2024 a marqué la fin de trois années consécutives de forte baisse des volumes de ventes. Selon les données de SeLoger et Meilleurs Agents, le marché semble avoir touché le fond avec environ 771 000 transactions immobilières prévues d'ici la fin de l'année, soit une baisse de 11 % par rapport à 2023. Si ce chiffre est loin des niveaux records des années d’euphorie de 2021 et 2022, les experts restent optimistes : « Le pire est derrière nous », affirme SeLoger. Bien que la barre symbolique d'un million de transactions par an ne soit pas atteinte, des signes positifs se dessinent.
Les prix de l’immobilier continuent de baisser, mais à un rythme ralenti. Entre septembre 2023 et septembre 2024, la diminution des prix sur l’ensemble du territoire a été de 1,3 %, une accalmie notable par rapport aux baisses plus prononcées des mois précédents. À Paris, où les prix ont chuté de 4,8 % sur cette période, le mètre carré s’établit désormais à 9 293 €, contre 10 000 € quelques années plus tôt.
L'un des principaux moteurs de cette reprise est l'amélioration du pouvoir d'achat immobilier. Après une perte moyenne de 11 m² entre janvier 2022 et décembre 2023, les ménages français ont regagné environ 4 m² depuis le début de l'année 2024. Cet effet est dû à une combinaison de la baisse des taux d'intérêt, de l'augmentation des revenus et de la diminution des prix immobiliers.
Dans certaines régions, cette reprise est particulièrement marquée. À Paris, par exemple, la baisse des prix a permis aux acheteurs de retrouver un pouvoir d’achat immobilier équivalent à 29,9 m² en septembre 2024, un niveau supérieur à celui de septembre 2019. Ce gain en pouvoir d’achat est un signe encourageant pour les futurs acquéreurs, notamment ceux qui avaient été exclus du marché ces dernières années en raison de la hausse des prix et des taux.
Autre indicateur de reprise : la demande immobilière. Après avoir fortement chuté en 2023, la demande a bondi de 22 % au début de 2024, un regain comparable à celui observé après la crise sanitaire. Ce rebond est un signal positif pour l’avenir du marché, notamment dans les grandes métropoles où la demande était en berne ces dernières années. Des villes comme Bordeaux, Lyon ou Marseille ont enregistré des augmentations notables du nombre d’acheteurs potentiels.
En parallèle, l’offre de biens à vendre, qui avait explosé au cours des trois dernières années en raison de la crise sanitaire et des incertitudes économiques, tend à se stabiliser. Après une hausse de 60 % entre mai 2022 et février 2024, le volume de biens disponibles à la vente s'est équilibré depuis le début de l'année 2024. Cet ajustement entre l’offre et la demande pourrait créer les conditions d’une reprise durable.
Les prévisions pour 2025 sont optimistes, portées par plusieurs facteurs favorables. Tout d’abord, la baisse des taux d’intérêt, déjà amorcée en 2024, devrait se poursuivre l’année prochaine, avec un taux moyen attendu à 3 % d’ici le printemps 2025. Cette évolution, combinée à la stabilisation des prix et à l’augmentation des revenus, pourrait permettre aux acquéreurs de gagner entre cinq et six mètres carrés supplémentaires.
De plus, la Banque centrale européenne semble déterminée à maintenir une politique monétaire accommodante pour contenir l'inflation, ce qui soutiendrait également la demande de crédit immobilier. Selon les experts, le printemps 2025 pourrait marquer un « point de bascule » avec une demande en forte hausse, soutenue par un pouvoir d’achat immobilier en progression. D’ici la fin de l’année 2025, SeLoger et Meilleurs Agents anticipent environ 900 000 transactions et une légère hausse des prix de 2 %.
Bien que des signes positifs émergent pour 2024 et 2025, la prudence reste de mise. Le marché immobilier, encore marqué par les incertitudes économiques et politiques, doit trouver un nouvel équilibre durable. La baisse des taux d’intérêt, l’amélioration du pouvoir d’achat et la stabilisation de l’offre sont autant de facteurs qui devraient favoriser la reprise, mais le chemin reste semé d'embûches.
Les acheteurs, vendeurs et investisseurs doivent rester vigilants et prêts à saisir les opportunités dans ce contexte de reprise, où la dynamique du marché pourrait fluctuer au gré des évolutions économiques et des décisions politiques.
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